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El Alia... |
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Retour sur les traces d'Aussaresses |
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![]() Pour les
algériens, El Alia est un haut lieu de la révolution. Les anciens
colonisateurs l’assimilent encore à nos jours à un ‘massacre commis
contre des civils désarmés’. Sans faire dans le décompte macabre, il
y a eu bel et bien un massacre. Un crime collectif contre
l’humanité, mais il n’a pas été commis contre ‘des civils désarmés’
mais plutôt contre des populations entières. Retour sur
l’horreur, juste pour comprendre Charnier découvert à El Alia juste après l'indépendance
El Alia, un village minier perché sur
les hauteurs graniteuses d’un immense massif à moins de A mi chemin entre Fil Fila et El Alia, les ruines et la ferraille de ce que fût la mine de fer sont encore là. Comme une solide interpellation. Ici on est en plein cœur des massacres du 20 Août 1955. C’est aussi l’amorceur morbide qui alla donner libre court à l’imagination destructrice, revancharde et sauvage de l’occupant. Au nom d’El Alia, El Halia, comme la nomment encore les français, des milliers d’algériens seront abattus froidement, brûlés vifs et jetés dans des fosses communes. Au nom d’El Alia, de véritables campagnes de ‘chasse à l’arabe’ furent organisée à Guerbès, Fil Fila, Djendel, Dman El Bagrat et dans les mechtas de la région, le tout encouragé par le discours ‘haineux’ de Crevaux, maire de Skikda à l’époque et aussi par l’instinct bestial d’un Ausaresses au summum de sa cruauté. L’appel au meurtre était devenu un mot d’ordre. Il fallait venger la mort des 30 européens d’El Alia, alors on en tua des centaines, des milliers d’algériens. On usa de la mort d’enfants européens pour justifier tous les crimes. Toutes les exactions. Que s’est-il réellement passé ce jour là à El Alia et pourquoi tant de crimes ? Pourquoi tant de haine qui persiste encore chez certains adeptes d’une Algérie française à jamais révolue alors que le drame a été plutôt vécue par les algériens ? Pourquoi continue t-on de l’autre côté de la méditerranée à placarder des photos d’enfants européens morts lors de l’attaque ? Pourquoi tant de marchandage macabre le tout synchronisé aux humeurs et aux allégations d’une France coloniale qu’on présente aujourd’hui comme une bienfaitrice ? Pourquoi ? Pour tenter de comprendre et replacer les événements dans leur époque et à leur juste valeur il fallait arpenter le chemin en flash-back. Revenir à El Alia en ce samedi 20 août 1955. Il fallait un guide, un témoin. Il y en avait beaucoup, la région est connue pour avoir enfanté tant de héros, les Maghlaoui, les Ayachi, les Hallaj, les Ouichaoui, les Bouhadja, les Tachi…tout un peuple. Il fallait un homme qui a prit part à l’offensive et qui a vue pour témoigner et raconter El Alia. Brahim Ben Ayach accepte de parler. Il s’apprête aussi à éditer un livre par devoir de mémoire et pour que nul n’oublie ce qui s’est passé à El Alia. Il a été le premier responsable de l’opération d’El Alia en compagnie de sept autres Moudjahiddines : Youcef Bouhadja, Ali Bouhadja, Amira Ammar, Tachi Chraiet, Ouichaoui Brahim Khezzouz Mohamed et Mokrane Mohamed. D’abord, il reconnaît que personne ne savait ce qui allait se passer. « Nous savions que les responsables de la wilaya II avaient décidé d’une opération après la réunion du Zamane. Mais personne ne savait ce qui allait se passer, ni ou ni comment. On nous a juste demandé de nous préparer en collectant les armes et en préparant les habitants de la région. Il nous fallait aussi nous occuper des collaborateurs et des informateurs de l’occupant, ce qu’on a fait à El Alia » Les archives rapportent qu’en date du 20 juillet 1955, trois collaborateurs ont été tués.
Ayachi devant la stèle commémorative à El Alia
Le parchemin du directeur de la mine
rapporte également que « depuis la liquidation de (X) par les
Fellagas, aucune information ne nous parvient. Nous nageons
complètement dans le vide ». Brahim Ayachi continue : « notre
mission essentielle était de collecter les explosifs utilisés dans
la mines. L’ordre était clair : ramenez autant d’explosif et ne
revenez pas les mains vides même si vous auriez à y laisser des
plumes. Contrairement à ce qui se raconte notre objectif n’était pas
de tuer les européens. On ne devrait tirer que sur ceux qui
portaient des armes.» Et ces civils européens tués et qui
serait une trentaine selon des versions françaises, ils ont bien été
abattus ? Ayachi enchaîne : « écoutez, il faut dire la vérité
même si des fois elle est difficile à raconter, mais permettez moi
de vous affirmer qu’Aussaresses ment. Il ment sur tout, juste pour
se donner bonne conscience. C’est vrai que nous avons abattus des
européens et je pourrai même vous les nommer. C’est vrai que dans la
bataille des enfants ont été touchés mais il faut préciser une
chose : tous les européens, plus de 120, qui habitaient alors à la
mine étaient armés. Même les femmes avaient des armes, des fusils de
chasse pour être plus précis. Les hommes portaient des
Je peux vous citer des noms
et s’ils sont encore vivants ils auront à témoigner s’ils le
désirent. Il y avait un agriculteurs qu’on appelait El Malti
( le maltais) un colons qui avait
Et après ? Après c’était un déluge de
haine. Un massacre. On alla faire payer à des centaines de paysans
le prix fort. De la caserne Péhau située quelques kilomètres d’El
Alia, un déluge de feu allait être orchestré contre tout ce qui
bouge. 200 soldats appuyés par des T 16, des avions d’attaque au sol
se dirigent vers la mine. La suite, c’est l’horreur. Bilan de la
première offensive meurtrière ; plus de 200 algériens sont tués et
une soixantaine emprisonnée. Ils seront froidement abattus par
Ausaresses qui en fait l’apologie dans son livre ‘Services spéciaux’
En voici un passage « J'ai fait aligner les prisonniers, aussi
bien les fels que les ouvriers musulmans qui les avaient aidés. Au
moment d'ordonner le feu, Bébé était nettement moins chaud.[...]
J'ai été obligé de passer les ordres moi-même. J'étais indifférent :
il fallait tuer, c'est tout, et je l'ai fait. » Mais Ausaresses
n’évoque pas dans son livre les exécutions sommaires et les autres
crimes de l’armée coloniale. Brahim Ayache témoigne « C’était une
véritable chasse à l’homme qui durera toute une semaine. On
attaquait mechta par mechta, il fallait tuer tous les arabes. Les
habitants de Mechta Oued Ezzene à Fil Fila on été capturé pour être
torturés au tunnel de Bouabbaz à Skikda. La plus part ne sont jamais
revenus. Les habitants de Mectat Ezzène ont été enterrés dans une
fosse commune. Les paysans de Mechtat Ec chatt , ont été torturés
puis jetés dans le puis de la carrière, comme les habitants de
Mechtat Charaa Allah. En une semaine, El Alia était devenu un
village maudit où on sentait l’odeur de la mort. » Brahim Ayech
temporise un instant puis reprend « Pourquoi Ausaresses ne parle
pas des familles sétifiennes ? Elles étaient plus 300 qui habitaient
dans la région. Elles ont fuit pour leur majorité les massacres du 8
mai 1945 pour tomber sur un autre massacre. Certaines familles ont
fuit à pied jusqu’à Sétif, d’autres ont été capturées à Azzaba et
abattues. » Il témoigne également que « le lendemain, les
militaires sont revenus pour faire croire aux quelques habitants
apeurés qu’ils ne leur arriverait rien. Aidé par un ‘collaborateur’
habillé d’un burnous en plein été, ils les ont ramenés à leurs
demeures, des gourbis de fortune, et leur ont demandé d’éviter à
tout prix de sortir. Les pauvres algériens se sont entassés dans
leurs gourbis et c’est là que des lance-flammes furent utilisés. On
brûla les demeures et tous leurs occupants. Des cris fusaient de
partout. Pourquoi ne parle t-on pas de ça ? Ausaresses à t-il la
mémoire si courte ? »
El Alia n’a pas finit de
livrer ses secrets. Le 23 juillet 2004, un charnier avait été
découvert fortuitement sur une plage à moins de
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