Festivités du 24 février sur fond de colère
 

 

Skikda n'oublie pas la catastrophe
 

 

 

Comment oublier les 27 victimes de la catastrophe de Skikda ? Il était impossible de célébrer le 24 février à Skikda sans revivre une fois encore le cauchemar du 19 janvier dernier.

24 JANVIER 2005

L'ombre de la catastrophe du GL1K a plané sur les festivités à Skikda. Larmes, douleur, compassion et colère ont caractérisé cette célébration, reléguant au second plan les commémorations traditionnelles de la création de l'UGTA et la nationalisation des hydrocarbures. L'évènement a d'ailleurs fait que le ministre du Travail, le PDG de Sonatrach et le secrétaire général de l'UGTA se rendent à Skikda pour assister à la cérémonie de recueillement à la mémoire des victimes. Le ton de tristesse a d'abord été donné au moment de l'inauguration de la stèle érigée à la mémoire des travailleurs décédés au niveau du complexe GNL. Il aura juste fallu que la voilette qui cachait la stèle soit retirée, laissant apparaître les noms des 27 victimes, pour que les sanglots emplissent les lieux. Après la Fatiha, plusieurs parents des victimes, qui ont eu à rencontrer déjà et en aparté le PDG de Sonatrach, ont laissé apparaître des signes évidents de mécontentement. «On ne se rappelle de nous que le jour où les délégations officielles viennent», tenait à témoigner une fille de l'une des victimes. «Tout ça ne nous apporte rien et ne nous restitue pas nos morts. Où est donc cette prise en charge qu'on nous a promis ?» et d'évoquer en exemple les promesses d'emploi au profit des parents des victimes. D'autres ont, par contre, souligné certains efforts accomplis par les responsables de Sonatrach. «tant que la création de l'association des victimes du GL1K continuera à trébucher, il sera toujours difficile de gérer tant de problèmes», témoignera un proche des victimes tout en confirmant la tenue d'une assemblée générale constitutive de l'association au début de la semaine prochaine. Interrogé par la suite au sujet des doléances des parents de victimes, M. Meziane, PDG de Sonatrach, a tenu à déclarer : «nous nous sommes engagés et d'une façon irrévocable à apporter toute l'assistance et l'aide nécessaires à ces victimes et nous honorerons tous nos engagements.» Une cérémonie de remise de médailles commémoratives a également eu lieu. Les médailles étaient accompagnées d'un chèque présenté comme don par la centrale syndicale. «Par décence et par respect aux victimes, nous préférons garder la chose secrète», nous confie un membre de la centrale. A la fin de la cérémonie, plusieurs parents ont interpellé M. Louh, ministre du Travail. Les uns faisaient part de problèmes de logements et de travail, d'autres de prise en charge sociale. Le ministre tiendra à les rassurer que tout sera fait pour garantir à toutes les familles une prise en charge urgente et juste.

Dehors, un travailleur rescapé de la catastrophe est venu nous apostropher : «vous croyez que c'est cette stèle qui va régler le problème du GNL ? Moi je vous dis que non.»