|
Un grand pas de management
environnemental a été franchi hier par l’entreprise Enip qui a tenu à
organiser une cérémonie à l’occasion de la réception provisoire du
projet revamping de l’unité chlore soude du complexe pétrochimique de
Skikda (CP1K). Un projet qui éradique le mercure utilisé auparavant au
niveau de l’unité chlore soude dans son procédé d’électrolyse qui
générait tout de même une pollution mercurielle à plusieurs niveaux. Ce
procédé a été remplacé par une nouvelle technologie dite à membrane
échangeuse d’ions. Une technique mise au point en 1971 et qui demeure
considérée comme la meilleure technique disponible actuellement pour
produire du chlore et de la soude caustique sans aucune atteinte
environnementale. Cette reconversion qui a été saluée aussi bien par les
professionnels que par la direction de l’environnement et de la société
civile locale vient juste d’aboutir puisque la mise en route de l’unité
rénovée et reconvertit a été opérée au mois de mars dernier. Le projet a
été financé en grande partie grâce à un prêt de 50 millions d’euros
consentis par la banque européenne d’investissement. Dans son allocution
à l’occasion de la cérémonie de la réception provisoire, le PDG de l’Enip
a tenu à assimiler le projet à
« un axe de progrès très important dans la
réalisation du large programme de rénovation ».
Il insistera surtout sur l’aspect environnemental en relation avec le
projet « qui répond – mentionnera t-il aux
préoccupations croissantes de nos concitoyens eu égard aux questions
environnementales et plus largement celles relatives au développement
durable » tout en faisant référence à
l’agenda de Rio de Janeiro. Il fera également ressortir l’aspect
économique de cette reconversion en déclarant que
« ce projet marque une nouvelle et importante étape
de notre engagement dans la mise à niveau technologique de notre outil
de production pour améliorer nos performances ».
Dans la continuité, le PDG de l’Enip fera part d’une
« opération d’extension consistant la remise en
place d’une unité de concentration de soude ».
Cette opération s’inscrit dans la continuité du projet de reconversion
et devra être réceptionnée avant la fin de cette année.
Par ailleurs, et en plus des avantages
écologiques générés par le nouveau procédé, il reste à mentionner que
techniquement, le nouveau procédé de production du CP1K permettra
l’obtention d’un chlore mieux purifié que celui généré par l’ancien
proces., Il permettra aussi de garantir une grande autosuffisance avec
plus d’opportunité de commercialisation. En plus, la réception de
l’unité de concentration de soude aura à élargir la gamme de production
du complexe avec l’option de commercialisation de la soude écaillée, un
produit très demandé par l’industrie des détergents. On avance même à ce
sujet l’éventualité d’exportation, d’autant plus que les marchés
tunisiens et marocains sont très demandeurs.
A mentionner, en dernier lieu que les
principales techniques de production de chlore et de la soude sont
l'électrolyse à mercure, l'électrolyse à diaphragme et l'électrolyse à
membrane. Le premier, utilisé auparavant par le CP1K a été déjà
abandonné par le japon en 1986 alors que l’union européenne vient de
fixer l’année 2010 pour retenir définitivement le mercure dans la
production. Quant à la technique dite électrolyse à diaphragme, utilisée
surtout aux états unis d’Amérique, elle n’est pas sans danger non plus
puisqu’elle utilise l’amiante dans son proces posant de graves dangers
aussi bien sur le personnel exposé que sur l’environnement.
K.OUAHAB |
|