Drouj Skikda ( les escaliers de Skikda)
Les anecdotes des mille et une marches

Coupés par
plusieurs ruelles ils prennent leur naissance aux Arcades pour finir aux
devants de la prison. Plus au nord, et dans la continuité on arrive au
quartier populaire du Colisée. Là se trouvent Drouj Zigzag. D’autres les
désignent par ‘Drouj El Mouhal’( escaliers de l’impossible). Et comme leur
sobriquet l’indique, ces escaliers se distinguent de tous les autres par
leur agencement perpendiculaire. Hauts de plus de
L’origine de cette appellation est en
relation avec une ancienne fabrique de bouchons qui existait bien avant
l’indépendance. Dans le même périmètre, on trouve Drouj Ettahar (escaliers
du ‘circonciseur’). Ce sont les plus larges de tous et tirent leur
appellation du fait que plusieurs générations de Skikdis ont été circoncises
chez Ammi Hamdouche dont la demeure donne sur les marches. Non loin,
s’élèvent Drouj El Kadi qui épousent l’enceinte de

Drouj El Kadi, Drouj El Bouchoune, Drouj Ettahar, Drouj El Bahri, Drouj El Ghoula , Drouj El Piroqui et plein d’autres appellations originales que la mémoire de la ville garde encore . Et jalousement. Car les escaliers sont pour Skikda ce que sont les Gondoles pour Venise. Un label.On ne peut visiter l’ancienne ville sans forcer ses jambes à arpenter plus de 20 grands escaliers qui lézardent sa perspective. Qui l’ornent aussi.
Vue de haut, la vieille Skikda ressemble à un damier fissuré par des dizaines d’escaliers qui descendent tous à l’avenue principale de la ville, qui est aussi le point le plus bas de Skikda. Cette situation agréablement insolite revient à la configuration spatiale singulière qui caractérise l’ancienne ville. Skikda se niche en fait entre deux monts ; le Mouader à l’est et le Bouyala à l’ouest. La majorité des vieux quartiers de la ville est située sur des hauteurs dont les pentes vont de 5 jusqu’à 25 %. Ainsi, le moindre déplacement implique soit l’emprunt de ruelles en pentes ou la montée d’escaliers. Ceci donne à Skikda un cachet urbanistique assez spécial et fait des escaliers un véritable repère de la mémoire de la ville. La grande partie des escaliers se concentre dans la zone ouest de la vieille ville. Là des quartiers entiers s’identifient à leurs escaliers. A Sebaâ Biar (sept puits), au Quartier Napolitain, au Mont Plaisant à Zkak Arab (quartier arabe)… on y trouve plusieurs escaliers qui se différencient les uns des autres par leur portée et leurs formes. Ils portent presque tous des appellations imprégnées d’anecdotes et d’histoire aussi.Des plus importants escaliers de cette zone on peut citer Drouj El Bouchoune (Escaliers du Bouchon) qui traversent sur plusieurs volées un large pan d’immeuble pour joindre les hauteurs du Mont Plaisant à Souika.