Déjà un must…le restaurant de Louiza s’offre royalement une continuité toute naturelle avec le  rocher du phare de Stora.. Difficile de ne pas confondre où finit le rocher et où commence le restaurant. A s’y méprendre.  La symbiose est parfaite, et le goût raffiné de Louiza et de son mari, a fait que l’aménagement du restaurant ne vienne nullement enfreindre la stature du  phare qui à elle seule reste une toile à ciel ouvert.. Le restaurant est venu juste s’incruster délicatement dans cette  atmosphère déjà feutrée de roches, de vagues et de brise marines. Il ne fait que caresser les lieux d’un bouquet  de senteurs. Féerique ! 

Le restaurant s’impose comme une halte de jouvence et de quiétude le long du sentier menant de la plage ‘Molo’ à celle de ‘Miramar. Une halte  qui se veut une porte  et une empreinte de la gastronomie locale. Et chez Louiza, ce mot s’identifie d’abord à un don qu’elle  cultive depuis  son enfance.  « Pour moi cuisiner est d’abord un art et je ne me sens chez moi que dans ma cuisine » Une générosité maternelle  et une disponibilité pleine de gentillesse se laissent  aisément se lire sur le visage d’une dame qui a su avec la complicité d’un mari ,au raffinement authentique, s’imposer comme un haut lieu de la gastronomie skikdie. Une carte de visite incontournable que les fins gourmets s’échangent.

Le ‘Restaurant du phare’, Louiza pour les intimes, La Mamma pour les autres est une aventure  qui a commencé en 1995, quand monsieur et madame Foughali qui habitent dans une maisonnette du phare de Stora  décident d’exploiter le savoir faire de la ‘Mamma’ et faire partager aux estivants  des plages de Miramar et la Carrière les plaisir des bons plats. «  On préparait alors des sandwichs  et des plats de spaghettis que les baigneurs venaient déguster sur place ou emmener avec eux sur la plage » Et de bouche en bouche,  et de bouche à oreille, la succulence fera le reste. Les saveurs des spaghettis et du poisson  de Louiza  se verront faire le tour des plages. « On s’est retrouvé alors obligés de répondre à cette demande et on a  commencé par aménager une  terrasse en plein air » Et de là tout repart et le restaurant du phare s’impose comme l’incontournable  lieux que des centaines de touristes se verront obligés et gratifiés de visiter. « On a reçu la visite de plusieurs ambassadeurs. Et je me rappel de l’ambassadeur Russe qui était tellement  subjugué par mes spaghettis aux calamars qu’il insista longtemps  pour avoir la recette » Mais Louiza tient à garder jalousement son secret et rien au monde ne la fera changer d’avis «  tout est une question de saveur » se plaît-elle à répéter .  Sans en rajouter.

Elle évoque surtout et avec une fierté toute nationale le passage d’une délégation italienne «  ils étaient une quinzaine d’italiens venus à bord d’un voilier dans un cadre spécifique. Ils se sont attablés et quand ils ont finis de manger mes spaghettis, ils n’en revenaient pas… » Ces italiens avaient finalement du mal  à admettre qu’une algérienne vienne les concurrencer dans la préparation  d’un plat connu pour être une exclusivité italienne. « Ils sont restés longtemps après le repas à commenter ce qu’ils ont qualifié d’événement ! » Le bonheur d’une telle reconnaissance a emmené ce jour là Louiza à ne pas présenter l’addition à la délégation.  Qu’est ce qui peut bien combler une artiste qu’une reconnaissance de son talent ?

Louiza évoque comme une victoire tant d’autres visites et anecdotes. Elle use d’un langage simple sans trop se forcer à nuancer les faits. Le langage que seuls les êtres racés et les artistes savent exprimer. Et Louiza reste une artiste à part entière.

«  Ouyahia est venu chez nous pour prendre un thé et admirer le paysage. Dembri, Kafi, Sellal , Bensalem et …» Les noms  se  maillent et Louiza  fait souvent appel à son mari pour reprendre la suite «  Comment il s’appelle le Ministre qui est venus à deux reprises ? »  Louiza ne fait pas de politique  et n’identifie les Ministres qu’à leur aspect vestimentaire ou physique.  Elle a servit tant d’artistes bien qu’elle garde comme une fierté personnelle les passages de El Hadj El Fergani. Il faut dire que le Malouf à  Skikda reste une histoire d’amour bien ancrée.

La carte du restaurant du phare, et bien que portée surtout par ces ‘spaghettis aux calmars’ reste bien marine. « Nous faisons cuire les poissons sur la braise, ça rajoute à la succulence et donne un autre goût plus charnu. »  Et Louiza reste aussi la maîtresse incontestée du ‘Couscous au mérou’ et de la paella. « Ces plats je ne les prépare qu’à la commande. »

Depuis déjà une année, Louiza et son mari ont apporté quelques retouches à la terrasse du restaurant afin de l’exploiter même en hiver. «  L’hiver on reçoit généralement  des couples »  Des amoureux qui trouvent chez les Foughali toute l’ambiance  et la jouvence que réserve un  tel endroit pour s’offrir,  l’instant d’un met, une  vue imprenable sur la ville de Skikda , sur un horizon lointain et surtout écouter le chant des vagues  qui telle une berceuse , viennent se confondre dans une atmosphère singulière. Une atmosphère que quelques-uns compare à un voyage sur un bateau…

Le temps de siroter un thé et d’échanger des politesses, M Foughali referme l’album de photos mais l’aventure du restaurant du phare continue…Il est 18h. La brise commence déjà à attirer les clients, des personnes seules,des familles des couples s’attablent déjà et se préparent à déguster les mets que les mains magiques de Louiza préparent. De la fenêtre de sa cuisine qu’elle n’a pas quittée, la Mamma nous salue. De a fenêtre de sa cuisine, Louiza sourit !

 

Restaurant du phare

 

 

Louiza , une  ‘Mamma’ à  Skikda !