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Un repère de la cité |
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Le Quartier Napolitain |
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L'eau de la citerne s'infiltrait directement dans le sol, longeait la rue du Ravin pour venir endommager le sous-sol déjà assez abîmé du Quartier napolitain et d'une partie des arcades. D'ailleurs, d'après une expertise, même la deuxième partie du sol formée par une couche schisteuse serait elle aussi altérée. Une situation qui témoigne du danger présent. Cependant, il faudra noter qu'une récente expertise (2002) réalisée par le CTC a permis de confirmer que le terrain s'est stabilisé. Un résultat bien accueilli par les pouvoirs publics, mais qui reste tributaire des effets des éventuelles interventions sur les poches vides du quartier, estimées à un demi-hectare. Des interventions d'aménagement qui auraient certainement nécessité des moyens et des ouvrages de soutènement très onéreux, mais indispensables. Entre temps, plus de 4000 habitants formant quelque 760 familles y vivent encore depuis plusieurs générations. Ils sont quotidiennement exposés aux effets néfastes des moisissures, de l'humidité, des infiltrations, de l'insalubrité et des dangers réels d'effondrement. Les constructions, qui demeurent encore depuis la démolition de 46 immeubles en 1996, sont dans leur majorité dans un état assez détérioré. Sur les 153 constructions habitées actuellement, seules 32 sont jugées en bon état. Les conditions y sont tout simplement inhumaines ! La moyenne du taux d'occupation par logement dépasse largement les 10 personnes, avec plus de 3 par pièce. Il serait dans ce cas assez malvenu de parler encore des autres conditions de vie, car quand on ne dispose même pas d'une pièce pour soi, on n'ose alors même pas parler de toilettes, de salle de bains ou d'espace de jeux pour ses enfants. Mais il serait nécessaire d'enchaîner dans ce sens pour relever que les trois quarts des immeubles du Quartier napolitain ne disposent pas de salle de bains et que les familles se partagent encore des toilettes collectives ! Quant aux cuisines, 20 % des appartements seulement en disposent. Les autres locataires ont dû se reconvertir en spécialistes du bricolage pour aménager une cuisine. Les uns utilisent une partie des couloirs, les autres préfèrent plutôt recourir à une ingénieuse double vacation : cuisine le jour, chambre à coucher le soir. Entassés dans des appartements qui fuient de partout et où ils cohabitent avec les cafards, les moustiques et les rats, les habitants du Quartier napolitain se sont aguerris depuis le temps, même s'ils continuent à espérer. D'après un recensement officiel, le déficit en logements dans ce quartier est de 209. Ce qui explique en fait que dans un seul appartement on retrouve parfois plus de quatre familles qui se partagent un F3, voire un F2. Aujourd'hui, la situation du quartier ne fait que se dégrader davantage devant l'absence d'entretien. Depuis 1996, les immeubles destinés au confortement ou à la réparation ne l'ont jamais été. Pourtant, les trois quarts de ces constructions font partie des biens de l'Etat. A ce sujet, des questions destinées aux responsables du patrimoine s'imposent d'elles-mêmes : les 23 immeubles, dont l'état était jugé assez vulnérable en 1996 et auxquels on préconisait un confortement, ont-ils été pris en charge ? A-t-on réévalué, depuis, leur état après plus de sept ans d'humidité, d'érosion et de dégradation ? Est- on conscient des dangers actuels encourus par les 136 familles qui y habitent ? Beaucoup d'autres questions relatives à la situation cauchemardesque du Quartier napolitain peuvent encore être posées quant au désir de vouloir garder, coûte que coûte, ce quartier au nom d'une pseudo mémoire collective de la ville. On aurait dû penser durant plus de 40 ans à préserver ce quartier. Aujourd'hui, personne n'a le droit de laisser des centaines de familles habiter ces cages à poules, juste pour son plaisir? nostalgique. Une courageuse et souhaitable décision politique pour restaurer ce site et le dédensifier est plus que nécessaire. |
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