17 JUILEET 2003

Deuxième jour d'émeutes au bidonville d'El Match
Huit policiers blessés dont un grièvement
 
 
 

Huit policiers ont été blessés dont un se trouvait, hier, dans un état jugé très grave, après les échauffourées qui ont repris à El Match.Des véhicules des forces de l'ordre ont également été pris pour cible par une partie des jeunes du plus grand bidonville de Skikda. Hier, et jusqu'aux environs de 19 h, la tension régnait encore à l'entrée du bidonville. La route parsemée de pierres témoignait de la violence des affrontements entre les jeunes manifestants et les forces de l'ordre qui, dans un souci d'apaisement, se faisaient très discrètes. Juste à l'entrée du bidonville situé au sud de la ville, des attroupements de jeunes demeuraient encore visibles. Quelques personnes tentent de calmer les ardeurs en appelant au calme après plus de deux heures d'échauffourées qui, et pour le deuxième jour consécutif, ont fait d'El Match une véritable poudrière. Déjà durant la nuit de mardi à mercredi, des dizaines de jeunes étaient revenus à la charge, alors que le calme semblait regagner les lieux après les premières barricades dressées avant-hier. Mais c'est hier, aux environs de 11 h, que les choses prirent une tournure beaucoup plus grave. Ne se contentant plus de dresser des barricades et de brûler des pneus, des jeunes en furie commenceront alors à s'attaquer aux forces de l'ordre. Profitant des amonts du terrain sur lequel se situe le bidonville, les jeunes défieront les policiers venus pour lever les barricades, et c'est alors qu'un déluge de pierres s'abat sur les forces de l'ordre qui enregistreront la blessure de huit éléments, dont l'un se trouvait hier dans un état jugé très grave. D'après des sources hospitalières, l'agent accuserait vraisemblablement une hémorragie interne au niveau de l'abdomen. La même source précisait que vu la gravité de son état, il a été décidé de le transférer en urgence vers l'hôpital militaire de Didouche Mourad (wilaya de Constantine). Les sept autres policiers blessés et transférés au centre hospitalier de Skikda n'accusent par contre que quelques lésions dues essentiellement aux jets de pierres. Devant la gravité de la situation, et préférant certainement calmer les esprits, une source crédible confirme que l'attribution des 160 logements, qui est la source de ces manifestations, aurait été gelée en attendant de trouver une solution à ce problème. La même source avance également que, dans un esprit d'équité, le recasement de l'ensemble des habitants des îlots concernés ? sept îlots au total englobant 327 familles ? devrait en principe se faire simultanément. A rappeler que ce mécontentement fait suite à l'affichage, lundi dernier, de la deuxième liste d'attribution de 160 logements. La première liste avait été alors annulée par les autorités locales qui avaient relevé quelques irrégularités. Seulement, plus de cinquante citoyens, dont les noms figuraient dans la liste annulée, avaient alors effectué leurs versements auprès de l'OPGI et disposent aujourd'hui d'un bon de payement. Chose qui complique davantage une malheureuse situation.