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Émeutes nocturnes et une victime à Skikda

07 SEPTEMBRE 2003

     
   

Un orage d'une rare violence s'est abattu sur la ville de Skikda durant la nuit de vendredi à samedi. Il était exactement 20h quand une forte rafale de vent a subitement couvert la ville de poussière suivi d'une importante averse, plongeant du coup toute la ville dans l'obscurité.

D'après les services météorologiques, la vitesse des vents dépassait les 120 km/h. Ces mêmes services ont également enregistré une pluviométrie de plus de 11 mm en moins de deux heures. On déplore la mort d'un citoyen qui a été écrasé par un mur qui s'est effondré à la porte des Aurès. Plusieurs autres blessés légers ont également été enregistrés. Les dégâts les plus importants ont été localisés au niveau des bidonvilles. Juste après ce violent orage qui s'est abattu sur la ville et alors que toute la ville était plongée dans une obscurité totale, les habitants de trois bidonvilles ont investi les rues pour manifester leur mécontentement. Un acte qui vient encore confirmer que Skikda reste la wilaya de tous les bidonvilles et de toutes les barricades. Une wilaya où l'occupation forcée des routes a tendance à s'incruster dans l'inconscient populaire pour se réincarner en une culture des masses. Et si pour les zones enclavées et les petits bourgs, les barricades restent l'ultime recours pour revendiquer un peu d'eau, un peu de sécurité, l'éclairage public ou des dos-d'âne, à Skikda, ce sont plutôt les habitants des bidonvilles qui se soulèvent. Il y a juste quelques semaines, les habitants de El Match, l'un des plus grands bidonvilles, ont manifesté à plusieurs reprises leur ras-le-bol, occasionnant alors la blessure de huit policiers dont l'un avait échappé de justesse à une mort certaine. C'est pour dire que les ingrédients de l'embrasement ne faisaient que couver depuis ces évènements et que les incidents qui se sont produits durant la nuit de vendredi à samedi ne sont qu'un autre signe du marasme de ces habitants. Ahuris, les habitants ont passé plus de deux heures de calvaire. Une situation qui mena alors les jeunes des bidonvilles d'El Match, la Briqueterie et Bouabbaz à investir la chaussée. Les manifestants tenteront par la suite une montée vers le centre-ville. Ils seront dispersés par les forces de l'ordre au niveau du carrefour du stade municipal. Au même moment, et à un kilomètre plus au nord de ces lieux, d'autres jeunes du bidonville Bouabbaz, qui surplombe le flanc est de la ville, sont également en furie. Ils se dirigent directement vers la route principale de la ville et tentent de la bloquer. Les forces de l'ordre engageront alors des pourparlers avec quelques représentants afin de les en dissuader. Le président de l'APC viendra à la rescousse et entamera une longue discussion avec les manifestants. Cette situation durera jusqu'à 1 h du matin avant que le calme ne revienne. Hier encore, les traces de l'émeute et de l'orage restaient visibles aux bidonvilles. Les habitants, quant à eux, continuent encore d'attendre la solution miracle.

K. Ouahab