| REPORTAGE REALISE AU MOIS DE JUILLET 2004 | ||
|
Diar Ezzitoune, typhoïde et chuchotements! |
L’autre partie de la population se
rabat sur les puits. D’ailleurs des analyses effectuées sur l’un de
ces puits ont confirmé la présence de vecteurs de la fièvre
typhoïde. Seulement, le P/APC déclare « ce puit a été fermé
depuis longtemps déjà et il ne devait pas servir pour alimenter les
habitants » Seulement, d’autres personnes attestent que les
habitants avaient pris l’habitude de faire fi des recommandations et
continuaient tout de même à utiliser cette eau infecte.
Normal, quand on ne trouve pas de l’eau et qu’on ne dispose pas de
moyen pour en acheter, on se rabat sur autre chose.
Alors, ce puit constitue t-il la
source du mal ? Impossible d’y répondre et seules les investigations
menées actuellement par l’APC peuvent apporter un éclaircissement.
Le P/APC de Azzaba explique « nous sommes continuellement sur le
terrain et nous avons entrepris un grand programme de
sensibilisation et de prévention avec le concours du secteur
sanitaire. A ce jour, nous avons fermé un puit et désinfecté
plusieurs autres. Nous avons réunis toutes les associations locales
et comités de quartiers pour les appeler à nos conforter notre
travail et nous avons reçu de favorables échos. Il faut également
relever que la commune de Azzaba dispose de plus de 300 puits, ce
qui nécessite une charge de travail et des moyens draconiens pour
assurer un contrôle permanent » Mais où se situerait alors
le foyer des salmonelles ? Le P/APC évoque cependant plusieurs
‘éventualités’ en rapportant « nos services ont relevé
l’existence d’une fuite au niveau de la conduite menant au quartier
de Diar Ezzitoune, elle fait l’objet actuellement de travaux par l’EPDEMIA »
mais le premier responsable de cette entreprise a tenu à infirmer
cette hypothèse « la fuite relevée se limite uniquement en un
branchement particulier de moindre diamètre. Ce n’est pas la
canalisation qui est fuyarde » Cependant, un détail mériterait d’être mentionné sans pour autant signifier une vérité. La majorité des cas de typhoïde enregistrés dernièrement à Diar Ezzitoune est représentée par des écoliers fréquentant le même établissement. Et étrangement, cet établissement du primaire situé en plein cœur du quartier n’est pas alimenté à partir du réseau. Il disposerait selon quelque indiscrétion recueillie sur place d’une bâche à eau. Il reste aussi à savoir si l’ensemble de ces écoliers n’a pas consommé autre chose ailleurs, de l’eau ou même des glaces
|
|
|
. La cité s’est déjà distinguée en 2002 par
de violentes émeutes qui ont occasionné la mort d’un jeune et la
blessure de plusieurs autres. Le quartier, rebaptisé depuis ‘cité Bouaouiche’ n’est pas encore arrivé à se défaire des reliquats des
émeutes. Deux ans après, toutes les promesses faites aux populations
demeurent encore aux oubliettes. A Diar Ezzitoune, le temps ne
semble pas avancer et seuls la misère prolifère. La typhoïde est
donc venue raviver les colères et attiser les vieux démons. Les
jeunes rencontrés sur les lieux ne mâchent pas leurs mots, même si
un sentiment de lassitude semble les prendre « on n’a rien fait
pour nous. On se contente de se servir de notre misère pour faire de
la publicité aux Ministres et aux walis qui sont venus nous
promettre des merveilles. Puis une fois leurs déplacements rapportés
et ‘bouffis’ par la presse, ils oublient Diar Ezzitoune ». Les
vieux, eux, racontent que le temps s’est toujours figé dans leur
quartier. Rien n’a changé pour eux, sauf peut être « la
décrépitude de ces maisonnette qui s’écroulent de jour en jour »
Le reste n’est qu’un immense bidonville de parpaing où vivent plus
de 6000 habitants.
Les promesses faites sous forme de
projets à concrétiser continuent encore à somnoler. Les 381
logements entrant dans le fameux programme du résorption de
l’habitat précaire traînent encore depuis plus de…trois années. Le
projet d’assainissement de Chaâba vit le même sort. Idem pour la
passerelle qui ne voit toujours pas le jour. Ces projets inscrits en
partie pour répondre aux incessantes doléances des habitants sont
exclusivement chapeautés par l’administration locale même si la
population dans son désarroi impute ces retards aux élus et va
jusqu’à accuser l’APC d’avoir faillit à ses promesses.
Les retards enregistrés dans
l’accomplissement du projet d’assainissement de Chaâba font des
lieux un immense espace servant de réceptacle aussi bien aux ordures
qu’aux eaux usées. Avec un lieu pareil, les MTH ne sont plus un
risque mais plutôt une prédestination. Pour la passerelle, un élu a
tenu à confirmer qu’elle sera en chantier incessamment quant aux 381
logements, ils seraient, aux dires d’un adjoint du maire, en phase
de finition.
Avant d’amorcer une quelconque supputation, il faut mentionner deux points. Une grande partie du réseau d’AEP de Diar Ezzitoune date des années 1950 et une autre partie s’abreuve à partir des puits. Les habitants disposant du réseau racontent « nous sommes alimentés irrégulièrement et il nous arrive de ne voir l’eau qu’une fois par quinzaine. Le débit est tellement faible qu’il nous faut user de pompe pour espérer collecter quelques litres et la qualité du liquide est suspecte. Cette situation nous pousse à acheter de l’eau des citernes monnayant 600 DA ».
Les cas de typhoïde enregistrés dernièrement à Diar Ezzitoune ( cité Bouaouiche Moussa) dans la ville de Azzaba ne doivent pas ameuter outre mesure. C’est une fatalité. La typhoïde, dans ces lieux n’est qu’une continuité toute naturelle de la déchéance |
||