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25 JUILLET 2002
Graves incidents à
Stora
Ce qui s'est passé à Stora durant la nuit de lundi à mardi ressemble étrangement aux événements de Bordj El Kiffan. Est-ce là un pur hasard ou serait-on appelé à dire que le phénomène de contagion s'est bel et bien érigé en une nouvelle donnée sociale à laquelle l'Algérie devra s'accommoder ? Stora, un village balnéaire de 4000 âmes, situé sur les rivages est, à 3 km de la ville de Skikda, a été, deux nuits durant le théâtre de manifestations et de rixes qui auraient pu dégénérer et avoir des conséquences plus graves. Tout a commencé durant la soirée de lundi quand une bagarre éclata entre un groupe de jeunes de la cité et quelques videurs du bar de l'hôtel El Massir se trouvant à l'entrée du village. Des épées, des bombes lacrymogènes et des pierres sont utilisées et la bagarre se transformera avec le temps en une rixe généralisée qui réveillera alors tout le village de Stora. Conséquences de cette première altercation : quatre blessés parmi les jeunes de Stora, dont l'un accuserait 21 jours d'incapacité et 2 videurs appréhendés par les policiers. Plus de deux cents personnes s'attroupent alors aux environs de 2 h du matin et crient vengeance. L'hôtel El Massir est pris pour cible. Toutes les vitres du rez-de-chaussée et du premier étage sont brisées. Les policiers du huitième arrondissement qui se trouve à une centaine de mètres des lieux tentent de calmer les esprits avec l'apport de quelques notables du village et du comité de quartier. Les jeunes voulaient tout brûler. Ce n'est qu'aux environs de 3 h du matin que le calme reviendra. Aucun officiel ni élu ne s'est présenté. Seuls les policiers et le comité de quartier tentaient tant bien que mal de calmer les ardeurs des uns et des autres. Mardi, les rideaux de l'hôtel demeuraient fermés, mais Stora ne semblait pas encore assouvie. Des préparatifs sont alors engagés pour rééditer les événements de la veille. «Nous ne voulons pas de ces bars qui exposent tant de légèreté à quelques mètres seulement de nos maisons et de ces centaines de familles d'estivants qui veillent à Stora.» L'engagement des jeunes paraissait plus évident. La tension est de plus en plus vive. Le comité de quartier reste en contact avec les policiers afin d'éviter le pire. Les jeunes se rassemblent dans la place de Stora et commencent à exiger la présence des autorités locales pour leur faire part de leurs doléances. A 23 h, la route de Stora est bloquée et les manifestants s'en prennent à nouveau à la bâtisse de l'hôtel. Un cocktail Molotov est lancé au premier étage mais ne fera pas de dégâts ; les jeunes tentent de forcer les rideaux. Les policiers reviennent à la charge afin de ramener le calme. A minuit, le P/APC se rend sur les lieux et tente de convaincre plus de 250 jeunes en furie et qui voulaient des garanties fermes que l'hôtel n'ouvrirait plus ses portes. A 1 h du matin, le commissaire divisionnaire reçoit une délégation du village et la rassure que l'hôtel est momentanément fermé en attendant une décision administrative. Vers 2 h du matin, la foule se disperse et le calme revient à Stora. Hier, l'hôtel El Massir était fermé et gardait encore les traces des dégâts subis. Ces mêmes dégâts que l'association de quartier de Stora impute au gérant de l'hôtel. «L'histoire de la délinquance que renvoie cet hôtel n'est que la goutte qui a fait déborder le vase.» Mais que contient donc ce vase ? «Beaucoup de choses. A commencer par le fait que ces bars qui pullulent le long de notre corniche ne devraient pas exister à proximité d'un village connu pour être très conservateur», et d'ajouter que ce problème a été porté à la connaissance de tous les responsables depuis des années déjà sans jamais trouver de solution. Mais le président de l'association semblait plutôt expliquer les événements comme étant une simple finalité d'un marasme évident. «Ce qui s'est passé à Stora reste une copie conforme des événements d'El Harrouch», et d'expliquer : «Il faut le dire dans votre journal, deux élus ont accaparé un lotissement de 3680 m2 situé sur la route supérieure et qui devait accueillir un projet de 46 logements au profit des habitants de Stora. Ces deux élus ont tout fait pour retarder le projet et n'ont régularisé leur situation qu'en 2000, alors qu'ils en ont bénéficié par une délibération non approuvée et datée de novembre 1989. Le projet de logements trébuche depuis mars 1996 et on voudrait nous faire taire avec un autre projet à la cité Loukil». Et d'ajouter que les projets de développement de Stora restent d'éternels projets. «Où est le fameux projet des 50 logements évolutifs de Oued Chadi qui fut décidé en 1996 ?» Le président de l'association évoquera également le problème d'eau. «On nous alimente avec des citernes… et à ce rythme, les voisins finiront par s'entretuer. Pourquoi ne remplissent-ils pas plutôt la citerne du village afin de satisfaire tout le monde ?» Pour l'association du quartier de Stora, ce qui s'est passé dernièrement ne représente en fait qu'une infime partie du marasme de la population et de conclure que le mal de Stora reste ailleurs… Profondément ailleurs ! |
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