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Les relents de la colère étaient vives hier à Oued Chadi sur les hauteur
de Stora . Une année après, presque jour pour jour, les habitants de
hameau situé à moins de quatre kilomètre à l’ouest de Skikda, sont
revenus à la charge pour barrer la route menant à la grande plage. Leur
colère était très perceptible. Femmes enfants, jeunes, vieux…tous les
habitants du hameau, plus d’un millier et sans exception ont tenu à
participer à ériger les barricades et à les maintenir. Aux avants postes
des barricades dressées durant la nuit et sous un soleil de plomb,
plusieurs femmes accompagnées de leurs enfants veillent non sans
exprimer leur courroux « la presse écrite ne suffit pas – lance une
vieille- il faut que ‘la télé’ vienne filmer nos conditions de vie pour
que toute l’Algérie soit au courant que nous vivons encore dans le
baraquement laissé par la SAS .». Aux alentours, il n y à aucun
officiel. Même les membres de l’association du hameau sont absents.
Seuls des policiers et des gendarmes tentent des amorces individuelles
pour dialoguer avec les habitants. C’est la troisième fois que les 200
familles bloquent la même route, très prisée durant la saison estivale
pour « dénoncer les lenteurs qu’enregistre le projet de construction
de 200 logements ruraux qu’on ne cesse de nous promettre alors que nous
ne voyons rien venir » tiendra à nous préciser un des manifestants.
Le projet date selon les habitants de plus de trois années. Il n’a
officiellement prit forme qu’après les manifestations du 16 juillet
2004. Un événement qui avait emmenée les responsables locaux à l’époque
à impliquer les représentants des habitants et à leur garantir que tout
allait entreprit pour la matérialisation du projet. « Depuis cette
date, on ne voit que nos vieilles demeures qui s’écroulent » lance
un jeune. Un autre prend le relais « l’année passé on nous avait déjà
promis que notre projet allait bientôt être lancé, et depuis on ne nous
nourrit que de promesses. Rien n’a été fait. Pourtant nous demandons
juste à voir les prémices de ce projet mais apparentement, tout le
monde
s’en lave les mains. Nous ne lèverons les barricades que lorsque les
responsables daigneront enfin nous apporter des éclaircissements quant à
ce retard et aussi des dates précises de son lancement » Ce n’est
qu’aux environs de 10h 30 qu’un de l’APC, un vice président en
l’occurrence, arrive pour dialoguer avec les habitants. Certains
l’acculent par les mêmes répliques « dites nous seulement quand est
ce qu’on aura ces logements ? », alors que d’autres demanderont à ce
qu’on le boycotte. « Nous voulons parler au maire. Nous voulons du
concret, nous n’avons pas besoin de discours, ni de promesses. Si vous
voulez qu’on libère la chaussée, montrez nous des preuves matériels
relatives à notre projet ». A midi, madame le chef Daïra tentera de
dissuader les manifestants, sans y parvenir. Les femmes surtout, se
montraient très intransigeantes. La route demeurera ainsi fermée et les
habitants ne se priveront nullement de l’aubaine pour exposer leur
marasme. « On manque d’eau, de pistes, de routes…de tout. Nos femmes
continuent à jour a porter de l’eau sur leur dos et de grimper sur ces
talus. Elles parcourent près d’un kilomètre en pente pour ramener l’eau
à leurs demeures. » Les jeunes, chômeurs dans leur majorité
racontent qu’ils ne font que regarder les touristes passer par leur
hameau. A 16h, la tension restait toujours présente. Le dispositif
sécuritaire vient d’être renforcé. Répartis en groupuscules, les
habitants guettaient au moment où les femmes quittent les barricades
pour prendre place sur un talus. A 16h 30 le maire arrive munis de
documents administratifs qu’il expose devant les habitants. Il leur fera
part que leur projet suit normalement son cours et que les retards sont
dûs aux contraintes administratives. Le projet est géré aussi bien par
l’APC, la DLEP ainsi que l’agence foncière. Un fait qui nécessiterait
une certaine coordination administrative « lisez, c’est un bon de
commande fait pour l’étude d’une première tranche, et voilà même les
sommes allouées sur le budget communal au profit de votre projet. Je
vous invite à venir demain à mon bureau et nous vous communiquerons tous
les détails du projet. Je tiens également à vous rassurer que je suis
personnellement ce dossier ». Une partie des habitants semblaient
convenir à lever les barricades tout en prenant la presse à témoin, mais
au moment où les engins de la commune arrivent pour dégager la chaussée,
les femmes, tout en refusent l’arrangement proposé par le maire,
descendront en groupe de nouveau pour investir la chaussée « Personne
ne lèvera ces barricades, à moins de nous marcher sur le corps. Nous
allons attendre la réunion de demain et on décidera en conséquence »
Finalement, ce n’est que vers 18 h 30 que les habitants acceptent de
dégager la route en exigeant cependant à ce que les troncs d’arbres ne
soient pas enlevés mais laissés à côté « on ne fait plus confiance. Si
demain le rencontre avec le maire ne nous convaincra pas, nous allons de
nouveau dresser les barricades. Nous voulons du concret et nous prenons
la presse à témoin quant aux déclarations du maire »
K.O
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