RAMDANE DJAMEL ( St Charles)

 

Une commune à l'ombre de Skikda

 

Des treize daïras que compte la wilaya de Skikda, Ramdane Djamel est celle dont on parle le moins, pour ne pas dire une daïra fantôme dont on ne retient que la route qui longe ses deux communes.  

Une évidence qui, à la limite, peut être interprétée comme un signe de stabilité ou de quiétude, mais qui en vérité ne fait que l'engouffrer dans un vase déjà assez clos. Pourtant, ses deux communes, Beni Béchir et Ramdane Djamel, enregistrent des signes évidents de développement et de belles perspectives, même si de multiples carences persistent encore.

La source du mal dont souffre cette daïra réside certainement dans les conséquences irréfléchies engendrées par le dernier découpage administratif qui, et loin de toute étude sérieuse, semble avoir été décidé en fonction des délimitations physiques sans aucune analyse ni le moindre doute de projection. On découpe en fonction d'un oued, d'un talus ou d'une allée d'arbres, mais jamais en se référant aux données socioéconomiques. Sinon comment expliquer le fait que la commune de Beni Béchir, située à moins de 15 km du chef-lieu de wilaya, ne peut bénéficier d'aucune ressource alors qu'elle côtoie, à quelques mètres près, deux zones économiques des plus importantes. Cette situation n'a fait qu'engloutir les deux communes dans le carrousel interminable des déficits qui se répercutent bien sûr sur toute aspiration de développement. En 1999, le déficit budgétaire des deux communes avoisinait les 9 milliards de centimes. Tous les aspects de développement restaient limités à de simples opérations de rafistolage sans conséquences directes sur le quotidien de la population. A Beni Béchir, une commune qui sert de vitrine à la ville de Skikda située à moins de 15 km de là, on s'est beaucoup plus amusé à dresser une hideuse muraille sous forme d'arcades le long de la chaussée qui traverse le village au lieu d'amorcer des projets de construction de logements. Depuis l'indépendance jusqu'à la fin des années 1990, on n'a construit que quelque 50 logements. A Ramdane Djamel, beaucoup de travaux de réfection des trottoirs ont été menés mais on n'a jamais pensé sérieusement à débattre ni à proposer de solutionner les problèmes des risques d'inondations que fait encourir oued Zerga à toute la ville. Située dans une véritable cuvette, Ramdane Djamel vit chaque hiver la hantise des inondations de 1984 qui avaient occasionné beaucoup de dégâts. Mais malgré les carences qui minent encore le vécu des 14 000 habitants des deux communes, une certaine dynamique a été instaurée ces dernières années. Ses conséquences commencent même à dépoussiérer des années de confinement et donnent déjà une approche assez sereine de la volonté de redonner aux deux communes les assises d'une relance certaine. L'exemple le plus incontestable de cette mue est sans aucun doute représenté par les solutions apportées au problème de l'eau potable que connaissait la ville de Ramdane Djamel. De trois forages hérités des années 1990, les deux communes sont passées à plus de 15. Une situation qui a permis, à Ramdane Djamel surtout, d'échapper au spectre de la sécheresse qui a frappé la wilaya de Skikda durant les dernières années. En effet, au moment où de grandes agglomérations de la wilaya connaissaient une grande soif ponctuée d'interminables émeutes, Ramdane Djamel s'offrait alors le luxe d'ouvrir ses douches publiques aux habitants des villes limitrophes. Elle approvisionnait même les villes d'El Harrouche, Skikda et Oum Toub. C'étaient là les signes précurseurs d'une véritable volonté de désenclaver la ville. En plus de cette autosuffisance acquise grâce à plusieurs investissements aménagés dans le cadre des Plans communaux de développement (PCD), des PSD ou du Plan de relance économique (PRE), le secteur de l'habitat a vécu lui aussi quelques essors. A Beni Béchir, 170 logements sociaux sont actuellement en cours de réalisation en plus d'un ambitieux projet de 2000 logements dont l'étude est déjà engagée. Ce projet, dénommé «La nouvelle ville de Skikda» qui sera vraisemblablement implanté à El Anabette, devra contribuer à solutionner en partie l'éternel problème du foncier que vit le chef-lieu de wilaya. En ce qui concerne Ramdane Djamel, 384 logements ont déjà été réceptionnés et distribués il y a deux années déjà, 100 autres sont en cours d'achèvement en plus d'un programme de LSP de 120 logements. Un autre projet de 50 logements, financé dans le cadre d'un programme complémentaire, vient également d'être destiné à l'agglomération Kessaba. D'autres réalisations qui concernent les infrastructures de base ont aussi été réalisées, à l'instar de l'achèvement de deux passerelles à Beni Béchir et un tronçon double voie dans la même commune. A Ramdane Djamel, on retiendra surtout la construction du nouveau siège de la daïra qui est venu avec une belle esthétique donner une note de modernité le long de la route principale qui longe la ville. Il reste le témoin d'une grande volonté d'en finir avec l'éternelle image qui collait à Ramdane Djamel