Tamalous? mal partout !

 
     

 

Toute tentative de développement de la zone ouest de Skikda qui enclave 18 communes sur les 38 que compte la wilaya reste conditionnée par le développement de la commune de Tamalous.Ce n'est pas un simple énoncé mais une évidence. Tamalous reste, qu'on le veuille ou non, l'incontournable agglomération par laquelle devra passer tout projet d'envergure destiné au massif de Collo. C'est inévitable. Elle est la porte de tout ce massif qu'elle relie d'ailleurs aux autres villes de la wilaya. Plus encore, Tamalous dispose de beaucoup d'atouts naturels, humains et administratifs qui la prédestinent à un rôle de catalyseur indiscutable de désengorgement et de développement. Exemples : Tamalous est une commune peuplée. Démographiquement, elle occupe la quatrième place sur l'ensemble des 38 communes avec plus de 47 000 habitants, chose qui devrait lui permettre de connaître une attention particulière. Tamalous dispose d'un emplacement des plus particuliers. C'est un carrefour né de routes nationales des plus importantes du point de vue économique ? les RN 43 et 85 ? qui relient le pôle industriel de Skikda à Constantine, à Collo, à Jijel et à Béjaïa. Tamalous est également le chef-lieu de l'une des daïras de la wilaya. Ces exemples, cités à titre illustratif, peuvent encore être soutenus par d'autres éléments relatifs aux richesses naturelles comme l'appréciable production de liège et la grande surface agricole, même si le manque d'irrigation la confine dans une superficie assez restreinte. Seulement, ces prédispositions ne semblent guère influer positivement sur le vécu de la population de Tamalous. Au contraire. La surpopulation accentuée par l'exode massif de ces dernières années n'a fait qu'étouffer les capacités d'accueil à tous les niveaux. Ainsi, le taux d'occupation de logements dépasse les 10 personnes par logement. L'un des taux les plus élevés de la wilaya. La réalité démographique se répercute également sur les capacités d'accueil dans les différents cycles de l'enseignement. Pour le primaire par exemple, la moyenne d'élèves par classe vacille entre 50 et ?57 ! C'est de loin, la moyenne la plus élevée de toute la wilaya et certainement du pays ! Quant au chômage, l'autre résultante, il dépasse largement les 50 %. La réalité démographique est également un facteur qui ne fait que contraster davantage la disproportion entre l'offre en infrastructures de base souvent dérisoire, et la demande toujours pressante d'une population déçue. L'inertie qu'a subie la commune en matière d'investissement et de développement durant les dix dernières années et l'absence de toute vision de projection ont constitué un terrain fertile pour la prolifération d'autres maux qui sont venus accentuer le sous-développement de Tamalous. Ainsi et devant l'amplitude de l'exode, plusieurs lotissements pousseront dans une indescriptible anarchie à tout bout de champ sans viabilisation, alors que la commune ne dispose ni d'assises urbanistiques élémentaires ni d'infrastructures lourdes. Les résultats sont là avec des manques qui, en moins de dix années, se sont multipliés pour devenir un véritable cauchemar. Le réseau routier de la commune (CW et CC) qui avoisine les 50 km est l'un des plus défectueux de la wilaya. Pour les CW, le taux des routes jugées en bon état est de 0% ! Même constat pour les chemins communaux dont le taux jugé plus ou moins en bon état ne représente que le 1/4 ! Les manques ne s'arrêtent pas uniquement à ce niveau, mais touchent d'autres secteurs plus sensibles. Et l'exemple le plus flagrant de ces contresens propres à Tamalous est représenté par l'AEP. Là, et sans ironie aucune, Tamalous mérite d'être inscrite dans le livre mondial des? insolites. Les habitants de Tamalous continuent de vivre le calvaire du manque d'eau, alors que leur commune se trouve au milieu de deux barrages pleins ! Seuls 15 km la séparent du barrage de Beni Zid et 12 km du barrage de Guénitra. Malgré cette réalité, la commune s'abreuve encore des forages. Mais même à ce niveau, les choses ne sont pas aussi reluisantes. Sur les 14 forages que compte la commune, seuls 4 arrivent encore à donner quelques gouttes (le débit du meilleur forage donne juste quelque 9 l/s) ! On raconte même à Tamalous que des sommes colossales ont été englouties dans le façonnage de forages qui n'ont rien donné, à l'exemple d'un forage de 25 m qui s'est avéré négatif ! Dans le même contexte, on se targue administrativement que Tamalous dispose d'un hôpital. Chose que la réalité dément totalement. Ce n'est pas un hôpital, mais juste un dispensaire de campagne, et encore. On n'a fait que coller sur son fronton une enseigne sur laquelle est inscrit hôpital, alors que les manques y sont criants et dépassent de loin les lacunes enregistrées dans la couverture sanitaire des autres communes de la wilaya. Tamalous est donc malade. Malade de ses propres atouts. Ses habitants ont à plusieurs reprises exprimé leur ras-le-bol en barricadant les routes, en brûlant des pneus et en vocifèrant leur malvie. Une autre façon de dire aussi que malgré ces maux, Tamalous demeure encore vivante. Il lui suffit juste une attention particulière